En Italie, l’entrée de travailleurs non européens se fait principalement via le Decreto Flussi : un décret annuel (adossé à un plan triennal) qui fixe combien, dans quels secteurs et selon quelles procédures des travailleurs étrangers peuvent être embauchés. Pour la période 2023–2025, le gouvernement a programmé 452 000 entrées légales (136 000 en 2023, 151 000 en 2024, 165 000 en 2025). Autrement dit, 2025 est l’année la plus ouverte du cycle triennal.
Quotas 2025 en bref
En 2025, les quotas se répartissent en trois canaux : travail subordonné non saisonnier, travail saisonnier et travail indépendant. Les chiffres publiés par l’Intérieur confirment environ 70 720 entrées pour l’emploi non saisonnier, 110 000 pour le saisonnier (agriculture et tourisme-hôtellerie) et 730 pour l’indépendant. Ces plafonds s’ajoutent à des contingents spécifiques de conversions (ex. passer d’un titre d’étude à un titre de travail) prévus par le décret.
Où peut-on réellement être embauché ?
Le non saisonnier 2025 est ciblé sur des secteurs en tension : construction, tourisme-hôtellerie, mécanique, télécommunications, agro-alimentaire, construction navale, transport de passagers en bus, pêche, ainsi que des métiers artisanaux comme coiffure, électriciens, plombiers (auxquels s’ajoutent des quotas pour l’aide à domicile/soins). Le transport routier de marchandises est possible, mais uniquement pour des nationalités dont le permis peut être converti en Italie (par ex. Albanie, Algérie, Maroc, Moldavie, République de Corée, Macédoine du Nord, Tunisie, Ukraine). Le saisonnier couvre surtout agriculture et tourisme-hôtellerie.
Comment ça marche côté employeur (et pourquoi le « click day » compte)
La procédure se déroule sur le portail ALI – Sportello Unico per l’Immigrazione : l’employeur prépare la demande (pré-remplissage) puis la dépose aux dates prévues (les fameux click days). Pour 2025, le Ministère de l’Intérieur a fixé des dépôts échelonnés : 5 février (travail subordonné depuis pays en accord de coopération), 7 février (autres non saisonniers), 12 février (saisonniers). Des fenêtres supplémentaires de pré-remplissage ont été ouvertes en cours d’année pour certaines catégories (ex. tourisme-hôtellerie).
Autre nouveauté importante : avant de demander le nulla osta (autorisation de travail), l’employeur doit vérifier l’indisponibilité de travailleurs déjà présents en Italie via les Centres pour l’emploi (Centri per l’Impiego). Le résultat (absence de candidats adéquats, refus ou non-présentation) est attesté par auto-certification jointe à la demande. Cette étape conditionne la recevabilité du dossier.
Et pour le/la candidat·e ?
Une fois le nulla osta accordé, la personne demande le visa au consulat italien compétent, puis entre en Italie, signe le contrat de séjour au Sportello Unico et procède aux formalités de permis de séjour auprès de la Questura. L’employeur signale l’entrée effective via le portail ALI (frontière, date, numéro de visa), ce qui « active » la suite des démarches.
Pourquoi le Decreto Flussi reste central (et perfectible)
Le système vise un équilibre : répondre à des pénuries sectorielles sans ouvrir la porte à l’arbitraire. Les listes de secteurs, les click days, la vérification auprès des services publics de l’emploi et le suivi par le Sportello Unico vont tous dans ce sens. Mais l’accès dépend encore fortement de la capacité des employeurs à se repérer dans la procédure (pré-remplissages, pièces à joindre, calendrier) et de la vitesse d’épuisement des quotas. D’où l’importance, pour chaque projet d’embauche, de préparer le dossier à l’avance, de vérifier la catégorie exacte (saisonnier vs non saisonnier, secteur éligible, conversions) et de suivre au jour le jour les communications du Ministère.





